L’AGPM tire la sonnette d’alarme : après une campagne marquée par une succession inédite
d’épisodes climatiques extrêmes, la production française de maïs grain pourrait tomber à 7,5
millions de tonnes en 2026, contre une moyenne de 13,4 millions de tonnes sur les cinq
dernières années. Une chute de près de 45%, qui ferait de cette récolte l’une des plus faibles
observées depuis la seconde moitié du XXe siècle : une catastrophe jamais vue !
Dès le printemps, les producteurs ont dû faire face à une succession de coups du sort : semis
perturbés, déficit hydrique précoce malgré des réserves et des nappes pleines après les inondations
de l’hiver, épisodes de canicule à répétition, températures records au moment de la floraison et
absence persistante de précipitations sur de nombreux territoires. Dans de nombreuses régions
notamment l’Ouest et le Centre de la France, les cultures ont littéralement grillé sous l’effet du
manque d’eau, entraînant l’effondrement des rendements dans des proportions historiques.
Au-delà du choc agronomique, c’est désormais toute l’économie des territoires qui vacille, avec une
chute de production estimée de moitié également pour le maïs fourrage dont la moyenne
quinquennale est de 16,3Mt de matière sèche, occasionnant ainsi de très grandes difficultés
économiques pour les éleveurs. Une telle baisse de production cumulée pour la filière maïs
représente près de 2,5 milliards de chiffre d’affaires perdus pour les exploitations agricoles, sans tenir
compte des pertes pour l’ensemble des filières aval. Dans les zones les plus touchées, la fragilité
financière de nombreuses exploitations risque de se transformer en crise de trésorerie majeure, avec
des conséquences durables sur l’emploi et l’activité économique locale.
Face à cette situation, l’AGPM appelle les pouvoirs publics à prendre pleinement la mesure du drame
économique et humain qui se joue sur le terrain. Les producteurs de maïs attendent des décisions
fortes ainsi qu’un soutien économique majeur et des aides publiques réellement à la hauteur de la
crise qu’ils traversent, sans quoi le redémarrage sera impossible en 2027.
« Derrière les millions de tonnes perdues, il y a des femmes et des hommes qui voient une année
entière de travail partir en fumée et un risque majeur pour la poursuite de leur activité. Pour une
grande majorité d’exploitations, la récolte sera bien loin de couvrir les charges engagées. Cette
sécheresse rappelle une vérité simple : sans moyens de production sécurisés, sans accès à l’eau et
sans ambition pour notre agriculture, c’est notre souveraineté alimentaire qui est dangereusement
menacée. La filière maïs traverse aujourd’hui une épreuve d’une gravité exceptionnelle pour laquelle
une solidarité nationale d’ampleur est indispensable ! », déclare Franck Laborde, président de
l’AGPM.