Lettre des marchés N°821

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MONDE : Echec des négociations avec l’Iran

Du 03/04 au 10/04, le cours de l’échéance mai à Chicago a perdu 4,5 $/t pour se situer à 173,5 $/t. Sous pression du cessez-le-feu entre l’Iran et les Etats-Unis et de surfaces de maïs plus importantes que prévues en 2026, les cours à Chicago sont sous pression et viennent s’établir sur un support bas de la campagne, établi à l’été 2025.
Après l’espoir d’un règlement du conflit, l’échec des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis vient renouveler les incertitudes et les risques pour le prix des intrants. Dans ce contexte, l’USDA a annoncé le 31 mars dernier des surfaces de maïs semées pour 2026 de 38,6 Mha, en hausse de 541 Kha par rapport à sa projection de février. Si cette réévaluation peut paraître surprenante compte tenu d’un ratio de prix azote/maïs très dégradé, le bilan du soja américain reste fragilisé par les relations diplomatiques sino-américaines. Donald Trump, qui doit rencontrer son homologue chinois dans un mois, a de nouveau menacé la Chine de sanctions commerciales pour son soutien à l’Iran. Les semis débutent tout juste dans la Corn Belt, avec 3% des semis réalisés au 05/04. Leur avancée sera scrutée avec attention par les opérateurs dans les prochaines semaines. Dans son rapport mensuel d’avril, par rapport à mars et pour la campagne en cours, l’USDA a laissé inchangé le bilan américain et ses stocks à 54 Mt. Au niveau mondial, elle revoit la production en hausse de 3 Mt (1301 Mt), la consommation de 2 Mt (1288 Mt) et les stocks de 2 Mt (295 Mt), au-delà des attentes des opérateurs. Aux Etats-Unis, la semaine passée, les contractualisations à l’export ont atteint 1,4 Mt, dans les attentes des opérateurs. Au Brésil comme en Argentine, les autorités souhaitent augmenter l’incorporation d’éthanol dans l’essence afin de limiter l’impact de la crise géopolitique sur le prix des carburants. En Argentine, 22% des maïs étaient récoltés au 08/04. Le mois de mars s’est montré très dynamique en matière d’exportations, notamment vers le Moyen-Orient, l’origine américaine restant plus compétitive sur l’Asie.

EUROPE : Baisse des surfaces en Ukraine

Le ministère de l’agriculture ukrainien prévoit, notamment du fait de la hausse du prix des intrants, une légère baisse des surfaces de maïs en 2026. Avec 4,42 Mha, celles-ci baisseraient de 2% sur un an (-70 Kha). En Mer Noire, les semis devraient débuter dans les prochains jours. Les risques géopolitiques demeurent également en Mer Noire, le 5 avril, un navire russe transportant du blé a été coulé par un drone en Mer d’Azov. La Russie a réinstauré des taxes à l’export pour les céréales, pour le maïs cellesci restent modestes (environ 2 €/t).

FRANCE : Début des semis

Les semis de maïs grain ont débuté début avril, comme à l’accoutumée les coteaux du Sud-Ouest sont la première zone concernée. La semaine passée, l’échéance juin 2026 d’Euronext a perdu 5,25 €/t pour se situer à 202,75 €/t tandis qu’en nouvelle récolte, l’échéance novembre 2026 perdait 7 €/t pour se situer à 200,75 €/t. Les prix physiques pour la récolte 2025 étaient également en baisse et se situent selon les régions, entre 175 et 190 €/t. Outre la situation internationale, cette baisse s’explique par un renforcement de l’euro face au dollar, conséquence du cessez le feu entre l’Iran et les Etats-Unis. La demande reste active sur le Rhin, celle de l’Espagne également. La logistique camion vers l’Espagne est toutefois pénalisée par la forte hausse du prix carburant.