MONDE : Un mois de guerre au Moyen-Orient
Du 02/03 au 27/03, le cours de l’échéance mai à Chicago a perdu 2 $/t pour se situer à 182 $/t, après avoir tenté de retrouver ses plus hauts depuis le printemps 2025 en tentant de franchir la résistance des 4,7 $/boisseau (185 $/t). Après un mois de conflit la volatilité reste forte sur les marchés de matières premières, dont le maïs, et sur les marchés financiers. Les opérateurs s’accrochent aux déclarations contradictoires des parties prenantes. A ce stade le détroit d’Ormuz reste largement bloqué tandis que les milices yéménites proiraniennes rentrent dans le conflit et pourraient accentuer les perturbations en Mer Rouge, tant pour le pétrole que pour les céréales européennes et de la Mer Noire à destination de l’Asie. Dans ce contexte très instable, les fonds noncommerciaux accentuent leur position nette acheteuse sur le maïs à Chicago malgré des stocks confortables ce qui créé un risque supplémentaire de pression sur les prix en cas d’accalmie géopolitique. Cette semaine, outre la géopolitique, les opérateurs se focaliseront sur la publication de l’USDA concernant les intentions de semis, à la veille de leurs débuts. En maïs, les opérateurs s’attendent à des surfaces semées de 38,2 Mha, en hausse de 150 Kha par rapport aux annonces de l’USDA de février. Aux Etats-Unis, la semaine passée, les contractualisations à l’export ont atteint 1,2 Mt aux Etats-Unis, dans les attentes des opérateurs. La production d’éthanol se maintient à haut niveau, de même que les stocks, proches d’un record avant la traditionnelle décrue printanière. Le secteur se montre très appréciateur des annonces gouvernementales sur la possibilité temporaire de vendre de l’E-15 dans tout le pays cet été et sur les mandats d’incorporation d’éthanol dans le carburant pour 2026 et 2027 jugés favorables aux producteurs de maïs. Ceux-ci se félicitent notamment des dispositifs limitant les exemptions d’incorporation et la possibilité de recourir à des matières premières importées. Dans son rapport de mars, par rapport à février, pour 2025/2026, l’IGC revoit la production mondiale en hausse de 7 Mt (1320 Mt), la consommation en hausse de 5 Mt (1302 Mt) et les stocks en hausse de 2 Mt (306 Mt).
EUROPE : Hausse attendue de la production européenne
La Commission Européenne a publié ses premières perspectives de bilan pour 2026/2027. Les surfaces européennes de maïs sont attendues en baisse de 108 Kha sur un an (8,4 Mha) et la production rebondirait pour atteindre 61,4 Mt contre 58,1 Mt en 2025. Le rebond est aussi attendu du côté de la demande (81 Mt) ce qui pousse la Commission Européenne à attendre des importations à 19,3 Mt contre une projection de 18,8 Mt pour la campagne en cours. Au 23/03, l’UE a importé 13 Mt contre 14,9 Mt en moyenne à cette date. En Ukraine, l’arrivée du printemps permet la reprise de la récolte des dernières surfaces de maïs 2025, souvent de mauvaise qualité sur le plan sanitaire.
FRANCE : La FAB française est aux achats
La semaine passée, l’échéance juin 2026 d’Euronext est restée relativement stable pour se situer à 208,25 €/t. La présence de volumes de blés compétitifs en Europe limite la hausse du maïs, et la volatilité, par rapport à la tendance observée à Chicago ces dernières semaines. Les prix physiques pour la récolte 2025 sont en progression et se situent selon les régions, entre 175 et 200 €/t. La FAB française est aux achats pour la fin de campagne et pour l’été 2026. A l’export, l’origine ukrainienne se fait plus présente sur le marché espagnol où la compétition s’accentue. Les flux du quart nord-est vers le Benelux se maintiennent.