MONDE : Rachats massifs des fonds non-commerciaux
acheteur du maïs américain au sein de l’UE. Du 06/03 au 13/03, le cours de l’échéance mai à Chicago a gagné 1 $/t pour se situer à 184 $/t. Le maïs à Chicago tente de se stabiliser au-delà des 4,54 $/boisseau (179 $/t) dans un contexte marqué par une forte volatilité et par des rachats de position massifs de la part des fonds non- commerciaux, les plus importants depuis 7 ans sur une semaine. Ces ajustements de position, dictés par les craintes géopolitiques, sont vecteurs d’une forte volatilité.
Le soja n’est pas en reste et a connu une très forte baisse à l’évocation d’un report de la rencontre prévue à la fin du mois entre Donald Trump et Xi Jinping. Cela accentue les incertitudes en matière d’assolement aux Etats-Unis, à quelques semaines du début des semis. Dans ce contexte, le rapport mensuel de l’USDA a rencontré peu d’écho. Au niveau mondial, pour la campagne en cours, l’USDA ajuste, sur un mois, la production en hausse de 1,5 Mt (1297 Mt), la consommation en baisse de 438 Kt (1286 Mt) et les stocks en hausse de 3,8 Mt (293 Mt), au-delà des attentes des opérateurs. Le bilan américain a été laissé inchangé par rapport au mois dernier avec des stocks toujours estimés à 54 Mt malgré une demande robuste. Aux Etats-Unis, la semaine passée, les contractualisations à l’export ont atteint 1,5 Mt aux Etats-Unis, dans les attentes des opérateurs. La production d’éthanol a atteint son 3e meilleur niveau hebdomadaire avec 1,126 millions de barils/jour. En l’état actuel du conflit, le prix du baril de pétrole plafonne à 100 $ alors que les grandes puissances se coordonnent pour mettre sur le marché leurs réserves stratégiques et que le passage du détroit d’Ormuz reste bloqué. Au Brésil, alors que près d’un quart des surfaces de maïs safrinha restaient à semer début mars, après la période propice, la CONAB revoit les surfaces en baisse de 133 Kha par rapport au mois dernier (17,8 Mha). L’USDA a revu sa projection pour la production brésilienne en hausse de 1 Mt (132 Mt). En Argentine, 9% des maïs étaient récoltés au 11/03. Les pluies profitent aux semis tardifs qui sont en excellentes conditions. Les déboires des semis précoces ont poussé l’USDA à revoir la production en baisse de 1 Mt (52 Mt).
EUROPE : Hausse de la production ukrainienne
Malgré des surfaces toujours non récoltées, l’USDA a revu la production ukrainienne de maïs en hausse de 1,7 Mt (30,7 Mt). Le potentiel d’exportations (22 Mt) reste stable. Les stocks de report, plus importants qu’à l’accoutumée, pèseront sur le début de la prochaine campagne. Les producteurs ukrainiens s’inquiètent de la hausse du prix des intrants alors que la logistique des engrais est rendue encore plus compliquée par la situation de guerre et les limites de stockage qu’elle implique. Dans un contexte géopolitique instable et de sensibilité à la hausse de l’énergie, l’euro poursuit sa baisse et s’affiche au plus bas face au dollar depuis août 2025.
FRANCE : Stocks en hausse
La volatilité reste de mise, notamment pour le pétrole, et affecte le prix des céréales. La semaine passée, l’échéance juin 2026 d’Euronext (récolte 2025) a gagné 6,5 €/t pour se situer à 212 €/t. La hausse est plus mesurée pour la récolte 2026. Les prix physiques (récolte 2025) poursuivent leur progression et se situent selon les régions, entre 175 et 195 €/t. Dans son bilan de mars, par rapport à février et pour la campagne en cours, FranceAgrimer souligne la compétitivité du maïs français à l’export dont la prévision est relevée de 80 Kt (5,2 Mt) et, à l’inverse, une fragilité persistante en alimentation animale française, revue en baisse de 40 Kt (2,8 Mt). Les stocks sont vus en hausse de 139 Kt (2,33 Mt), du fait d’une hausse de la collecte.