Lettre des Marchés N°818

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MONDE : Forte volatilité

Du 27/02 au 06/03, le cours de l’échéance mai à Chicago a gagné 6 $/t pour se situer à 183 $/t. Les fonds non-commerciaux poursuivent leurs rachats sur fonds de situation géopolitique chaotique au Moyen-Orient La volatilité reste forte au gré de l’évolution des attaques dans le Golfe Persique et des déclarations des différents acteurs. Les incertitudes demeurent à ce stade sur la durée du conflit. Dans ce contexte où l’actualité géopolitique fait la une, le rapport mensuel de l’USDA qui sera publié ce mardi n’aura que peu d’effet. On surveillera toutefois les ajustements qui seront éventuellement apportés au bilan américain ainsi qu’aux prévisions de récolte en Amérique du Sud. Au niveau mondial, dans son rapport de février par rapport à janvier, l’IGC a apporté peu de changement au bilan du maïs en 2025/26. La production est stable (1313 Mt), la consommation vue en hausse de 1 Mt (1298 Mt) tandis que les stocks restent stables (305 Mt). Aux Etats-Unis, la semaine passée, les contractualisations à l’export ont atteint 2,2 Mt aux Etats-Unis, au-delà des attentes des opérateurs. Ce maintien d’une demande dynamique soutient également les prix à Chicago. Le prix de l’éthanol aux Etats-Unis accompagne la hausse du baril de pétrole observée ces derniers jours. Là encore, la volatilité reste forte. En Chine, la FAB reprend son activité après un ralentissement en février du fait des congés de la nouvelle année. On note pour la première fois un cargo de drèches de maïs brésiliennes à destination de ce pays après un accord sanitaire signé en novembre 2025. La production brésilienne de drèches a été multipliée par 4 ces 5 dernières années à la faveur de la hausse de production d’éthanol à base de maïs. Au Brésil, malgré les pluies toujours présentes sur le Centre-Ouest, les semis ont atteint 76% au 07/03 contre 72% en moyenne à cette date. Les surfaces restant à semer seront plus exposées au risque de sécheresse lors de la floraison. En Argentine, 7% des maïs étaient récoltés au 04/03. Des pluies sont attendues sur l’ensemble de la zone de production ce qui devrait profiter aux semis tardifs et permettre un bon remplissage des grains.

EUROPE : L’euro poursuit sa baisse

La situation géopolitique continue également d’agiter l’échiquier monétaire. Le dollar profite de son statut de valeur refuge et se renforce au détriment de l’euro qui efface la hausse enregistrée depuis le début de l’année. Ce mouvement soutient le prix des céréales européennes. Dans le cadre du conflit iranien, D.Trump a menacé l’Espagne de sanctions commerciales, sans passer aux actes à ce stade. Ce pays est le principal acheteur du maïs américain au sein de l’UE.

FRANCE : Hausse des prix et des intrants

Du fait des tensions géopolitiques et de la baisse de l’euro, les prix sont restés orientés à la hausse en récolte 2025 comme en récolte 2026. La semaine passée, en nouvelle récolte, l’échéance novembre 2026 d’Euronext a gagné  6 €/t pour se situer à 206 €/t. Pour la récolte 2025, l’écart entre régions sur les prix physiques se resserre à la hausse avec des prix compris entre 170 et 195 €/t. Ces hausses de prix demeurent toutefois limitées face à la hausse du prix des intrants et la volatilité du baril de pétrole joue sur celle des céréales. Le maïs français demeure demandé à l’export chez les clients européens notamment l’Espagne et le Benelux. En FAB française, où le maïs manque de compétitivité face au blé, l’écart de prix entre les deux céréales se resserre.