MONDE : Trump rend les marchés agricoles volatils
Du 30/01 au 06/02, le cours de l’échéance mars à Chicago a gagné 1 $/t pour se situer à 170 $/t mais échoue toujours à se stabiliser au-delà de la résistance des 4,3 $/boisseau. La semaine a été marquée par un échange téléphonique entre D.Trump et Xi Jinping. Cela a conduit le président américain à annoncer l’achat par la Chine de 8 Mt de soja américain supplémentaires pour la campagne en cours, soit 20 Mt au total. Cela a fait bondir les prix du soja à Chicago, entraînant aussi les autres produits agricoles, qui a retrouvé son plus haut depuis le début décembre. Cette hausse pourrait toutefois être de courte durée, les opérateurs jugeant ce niveau d’achat improbable alors que la nouvelle récolte brésilienne est très compétitive. Cela accentue par ailleurs les incertitudes en matière de décisions d’assolement dans la Corn Belt alors que les prix de février font référence pour les assurances du chiffre d’affaires. Dans ce contexte incertain, les fonds tendaient à réduire quelque peu leur position nette vendeuse qui s’était renforcée après un rapport USDA décevant en janvier. Les opérateurs surveilleront le rapport février, le 10/02, et plus particulièrement d’éventuels ajustements à la demande pour le maïs américain. La semaine passée, les contractualisations à l’export ont atteint 1 Mt aux Etats-Unis, dans les attentes des opérateurs. La dernière vague de froid américain a perturbé la production d’éthanol, passée sous le million de barils/jour. Elle devrait revenir rapidement à la normale. Les producteurs se montrent par ailleurs satisfaits des annonces du gouvernement américain en matière de crédits d’impôts pour les biocarburants. Au Brésil, les pluies freinent la récolte de soja et les semis de maïs safrinha mais rien qui ne soit rédhibitoire à ce stade. Au 31/01, 12% des maïs étaient semés contre 14% en moyenne à cette date. Le rapport de la CONAB du 12/02 donnera une première estimation fiable de l’évolution des surfaces de maïs safrinha. En Argentine, la Bourse de Céréales de Buenos Aires revoit la production en baisse de 1 Mt (57 Mt) du fait du sec. Des pluies sont attendues cette semaine. Elles devraient surtout bénéficier aux semis tardifs alors que la récolte des semis les plus précoces démarre.
EUROPE : Baisse de la production ukrainienne de maïs
UkrAgroConsult revoit la production ukrainienne de 1 Mt (31,5 Mt) du fait des surfaces restant à récolter. L’organisme note aussi l’exportation de 7,4 Mt de maïs sur les 5 premiers mois de la campagne, en baisse de 26% par rapport à
l’an passé. Bien que tardives, les exportations ukrainiennes montent en puissance en ce début d’année et devraient retrouver des parts de marchés sur l’UE avec la fin de la campagne d’exportations brésilienne. On note par ailleurs
des importations de maïs ukrainiens en Bulgarie, habituellement pays exportateur de maïs, du fait de la très mauvaise récolte enregistrée localement. Au 02/02, l’UE a importé 10,1 Mt de maïs, contre 12 Mt en moyenne à cette date, en provenance, à part quasi égale des Etats-Unis, d’Ukraine et du Brésil.
FRANCE : Le maïs à parité avec le blé sur Euronext
La semaine passée, l’échéance mars 2026 d’Euronext a perdu, sous pression du blé et malgré une légère détente de l’euro, 3,25 €/t pour se situer à 190 €/t. Le prix du maïs repasse ainsi à parité avec le prix du blé sur Euronext
Les prix physiques s’érodaient également, notamment sur le Rhin dans un contexte de retrait de la demande, et restaient compris, selon les régions, entre 160 et 185 €/t. Les acheteurs italiens restent présents sur le Sud-Est de même que les Espagnols sur le Sud-Ouest et la FAB française sur de petits volumes.