MONDE : Les prix tentent de se stabiliser à Chicago
Du 09/01 au 16/01, le cours de l’échéance mars à Chicago a perdu 8 $/t pour se situer à 168 $/t après un rapport de l’USDA fortement baissier pour le maïs. Les opérateurs n’ont pas anticipé la plus large différence d’appréciation de l’USDA entre ses chiffres de surfaces de juin et ceux de janvier depuis 1980. Cela a conduit les fonds à se positionner fortement à la vente. Le maïs à Chicago a ainsi effacé sa progression des 5 derniers mois et est même revenu tester le support des 4,2 $/boisseaux (165 $/t), atteint mi-août au plus bas de la campagne, avant que le prix ne se consolide.
La semaine passée, les contractualisations à l’export ont atteint 1,14 Mt aux Etats-Unis, dans les attentes des opérateurs. Les exportations retrouvent leur dynamique après la période des Fêtes. La production d’éthanol est également très dynamique. Elle a battu un nouveau record la semaine passée avec 1,196 millions de barils/jour. Les stocks progressent fortement en parallèle, à 24,5 millions de barils, mais ce mouvement est habituel pour cette saison. Au niveau mondial, par rapport à novembre, l’IGC revoit la production de maïs en hausse de 15 Mt (1313 Mt) – principalement aux Etats Unis, la consommation en hausse de 9 Mt (1297 Mt) et les stocks en hausse de 5 Mt (305 Mt). Les stocks des grands exportateurs (75 Mt) sont estimés au plus haut depuis 2019/20 ce qui pèse sur les prix. En Chine, dans son bilan de janvier par rapport à décembre, le gouvernement revoit la production en hausse de 1,3 Mt. Elle atteindrait un nouveau record, à 301 Mt. Les importations de la campagne 2025/26 sont laissées stables à 6 Mt. Malgré ces chiffres, les prix du maïs à Dalian retrouvent leur plus haut niveau depuis le début de la campagne après avoir gagné 11 €/t depuis le début de 2026. Cela pourrait s’expliquer par une disponibilité moins importante qu’affiché et/ou par des problèmes de qualité.
EUROPE : Tensions commerciales avec les Etats-Unis
Les tensions entre les Etats-Unis et l’Union Européenne se renforcent au sujet du Groenland. Cela a poussé D.Trump à menacer des pays européens de nouveaux droits de douanes. S’il passait à l’acte, l’UE pourrait à son tour rétorquer par des rétorsions douanières en appliquant notamment les mesures gelées depuis la fin juillet 2025, dont un droit de douane de 25% sur le maïs grain. Cela limiterait alors fortement l’arrivée sur le marché de la 1ère origine importée par l’UE en 2025/26. L’accord UE-Mercosur a été signé par la Commission Européenne. Il doit encore être validé par le Parlement Européen. Cet accord contient un quota à droit nul de 1 Mt sur le maïs et le sorgho. A ce stade, les droits de douane ne sont pas activés sur ces céréales. En Mer Noire, la prime d’assurance spécifique liée à la guerre augmente à 1% de la valeur de la cargaison contre encore 0,6-0,8% en décembre. Cela est dû aux attaques répétées de la Russie sur Odessa et pénalise la logistique ukrainienne.
FRANCE : Hausse de la production
La semaine passée, l’échéance mars 2026 d’Euronext a gagné 0,25 €/t pour à 191,75 €/t. Malgré un rapport USDA franchement baissier, le maïs a résisté à la tendance à Chicago du fait de la baisse de l’euro et des difficultés ukrainiennes. Les prix physiques ont poursuivi leur consolidation et s’établissaient, selon les régions entre 160 et 185 €/t. Agreste a revu la production de maïs 2025 en hausse 202 Kt sur un mois. A 13,6 Mt, elle se situe au niveau de la moyenne 5 ans. Cela a poussé FranceAgriMer à revoir les stocks en hausse de 305 Kt (2,16 Mt) par rapport à décembre, du fait d’une demande estimée globalement stable.