Lettre des Marchés N°808

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MONDE : Baisse des stocks américains pour 2025/2026

Du 05/12 au 12/12, le cours de l’échéance mars à Chicago a perdu 2 $/t pour se situer à 174 $/t. Les inquiétudes sont fortes sur le soja ce qui entraîne le prix du maïs à la baisse malgré un rapport de l’USDA plutôt favorable.
Dans son rapport de décembre, par rapport à novembre, pour la campagne en cours, l’USDA laisse inchangé le rendement américain (116,8 q/ha) mais apporte comme attendu des ajustements aux exportations compte-tenu de la dynamique des derniers mois. Celles-ci sont estimées en hausse de 3,2 Mt et atteindraient un nouveau record avec 81,3 Mt. La baisse des stocks est de même magnitude Ils sont désormais projetés à 51,5 Mt, sous les attentes des opérateurs mais restent au plus haut depuis 7 ans. Au niveau mondial, l’USDA revoit la production de maïs en baisse de 3 Mt
(1283 Mt). La consommation est revue en très légère hausse de 640 Kt  1297 Mt) et les stocks sont revus en baisse de 1,6 Mt (279 Mt), sous les attentes des opérateurs. La semaine passée, les chargements à l’export ont atteint 1,6 Mt aux Etats-Unis, dans le haut des attentes des opérateurs. En revanche, le soja inquiète et emporte avec lui le maïs. Les opérateurs jugent insuffisant le rythme d’achat de la Chine pour atteindre les 12 Mt d’export avant la fin d’année et commencent à
douter que ce chiffre soit atteint avant février et le début de la campagne d’exports brésilienne. Les prix pourraient d’autant plus dévisser en cas de correction que les fonds non commerciaux sont désormais fortement acheteurs
sur le soja. Ces éléments pourraient peser sur les choix d’assolement en 2026. En Argentine, le gouvernement abaisse les taxes à l’export ce qui donne de la compétitivité aux produits argentins. En maïs, la taxe passe de 9,5% à 8,5%. Les
semis accélèrent et atteignent 59% au 11/12, un record pour la décennie passée. Au Brésil, la production de maïs est revue en très légère hausse par la CONAB, à 139 Mt. Les semis de soja se sont terminés dans les temps dans le  entreouest ce qui n’augure pas à ce stade de difficulté pour les semis de maïs safrinha.

EUROPE : Nouveau renforcement de l’euro

Les risques se maintiennent en Mer Noire malgré les négociations diplomatiques en cours. La semaine passée, la ville d’Odessa a été bombardée, sans incidence majeure pour les exportations ukrainiennes, et un navire turc a été touché par un drone russe. Ces tensions font augmenter les primes d’assurance. Au 11/12, 83% des maïs étaient récoltés en Ukraine. Cela a conduit l’USDA à réviser en baisse de 3 Mt la production ukrainienne (29 Mt) et de 1,5 Mt les exportations (23 Mt) pour la campagne en cours. Pour l’UE, l’USDA revoit la production en hausse de 1 Mt (56,75 Mt) et les importations en baisse de 1 Mt (20 Mt). L’euro est repassé au-delà des 1,17 dollar cette semaine du fait d’une baisse prévue des taux de la Fed. Les opérateurs anticipent une politiquement monétaire américaine plus souple dans les prochains mois du fait des mauvais chiffres de l’emploi. Cela pénalise les prix des céréales européennes.

FRANCE : Pression du blé

La semaine passée, l’échéance mars 2025 a perdu 1 €/t pour se situer à 185,75 €/t. Le support des 186 €/t s’est brisé sous la pression des prix du blé du fait d’une réévaluation de la production de la plupart des grands exportateurs. Les prix physiques étaient globalement stables la semaine passée et s’affichent entre 160 et 180 €/t selon les régions. La demande belge est présente sur le Centre. Les activités devraient ralentir avec l’approche des Fêtes de fin d’année.