Lettre des Marchés N°796

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MONDE : Suppression des taxes à l’export en Argentine

Du 12/09 au 19/09, le cours de l’échéance décembre à Chicago a perdu 2 $/t pour se situer à 167 $/t. La baisse s’explique par des prises de profit à l’approche
du seuil des 4,3 $/boisseau (169 $/t) et par une baisse des taux directeurs de la banque centrale américaine jugée mesurée. La semaine passée aux Etats-Unis, les contractualisations à l’export ont atteint 1,2 Mt, dans les attentes des opérateurs. La production d’éthanol se maintenait également à un niveau élevé, supérieur au million de barils/jour. En Argentine, les taxes à l’export – 9,5% sur le maïs – sont supprimées jusqu’au 31/10 dans l’optique de fluidifier les exportations et d’apporter des devises au pays alors que la banque centrale peine à contenir la baisse du peso. Ces deux facteurs devraient, au moins temporairement, accroître la compétitivité du maïs
argentin sur le marché mondial. Après la bourse des céréales de Buenos Aires, c’est celle de Rosario qui prévoit une forte hausse des surfaces de maïs en Argentine, au détriment du soja. Avec 17% de plus par rapport à 2024, elles permettraient une production record de plus de 60 Mt. Par ailleurs, les semis débutent à un rythme rapide, profitant de la bonne humidité des sols. Au 17/09, 6% des maïs étaient semés. Cela laisse augurer d’une part plus importante de semis précoces, présentant un potentiel
de rendement plus important. En Chine, pour stabiliser le prix du porc, le gouvernement demande une réduction du cheptel de truies reproductrices de 2% (environ 1 million de têtes) un élément qui pèsera sur la demande en aliments. Par ailleurs, les importations de maïs ont été revues en baisse de 4 Mt (3 Mt) pour la campagne en cours.

EUROPE : Début de la récolte en Ukraine

En Ukraine, au 18/09, 2% des maïs étaient récoltés. La pression sur les prix devrait s’accentuer dans les prochaines semaines au fur et à mesure de la progression des chantiers et de l’arrivée du grain dans les ports alors que les stocks de la campagne 2024/25 sont bas. Les exportations de blé de la Mer Noire pèsent sur le prix des céréales européennes alors qu’elles se montrent compétitives malgré une légère hausse des taxes à l’export en Russie. La semaine passée, après avoir atteint son plus haut niveau face au dollar depuis septembre 2021, dans l’anticipation d’une baisse des taux par la Fed, l’euro a finalement effacé cette hausse à l’annonce d’une baisse des taux américains plus faible qu’attendue (0,25 points). Néanmoins, le niveau de l’euro reste pénalisant pour le prix des céréales européennes.

FRANCE : Baisse de la production

Au 15/09, selon CéréObs, 5% des maïs étaient récoltés, contre 6% en moyenne à cette date. Les producteurs attendent la baisse de l’humidité du grain. La semaine passée, l’échéance novembre 2025 d’Euronext a gagné 0,75 €/t pour se situer à 187,50 €/t. Les prix physiques sont également restés stables et se situent entre 165 et 180 €/t selon les régions. Agreste, par rapport à août, a revu en légère baisse sa projection de surfaces et de rendement, estimant la production à 13,4 Mt, un chiffre similaire à la moyenne quinquennale. Sur cette base, FranceAgriMer estime la collecte 2025/26 à 11 Mt en baisse de 1,1 Mt sur un an. La consommation en FAB est estimée à 2,9 Mt
(-60 Kt sur un an) et les exportations à 4,7 Mt (-627 Kt). Les stocks de fin de campagne sont estimés pour 2024/25 à 2,2 Mt, plus légers qu’attendus, et sont projetés pour 2025/26 à 2 Mt.