Lettre des marchés maïs n°792

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MONDE : Consolidation à Chicago

Du 11/07 au 18/07, le cours de l’échéance septembre à Chicago a gagné 4 $/t pour se situer à 161 $/t, repassant ainsi au-delà du seuil technique des 4 $/boisseau. Cette consolidation est liée à des couvertures de positions vendeuses de la part des fonds après une nouvelle révision en baisse des stocks américains par l’USDA. Ceux-ci ont été revus en baisse de 640 Kt (34 Mt) pour 2024/25 et de 2,3 Mt (42 Mt) pour la campagne 2025/26 du fait de la demande très dynamique des derniers mois. Les cours restent cependant sous pression des bonnes conditions météo qui
règnent sur la Corn Belt. Au 13/07, 74% des maïs étaient en conditions « bonnes à excellentes », un des meilleurs scores à cette période, en pleine floraison. Par ailleurs, le maintien de la demande inquiète les opérateurs américains. La semaine passée, les contractualisations à l’export pour la campagne en cours on atteint 98 Kt, un niveau très inférieur aux attentes. Les menaces douanières renouvelées de D.Trump envers les principaux acheteurs du maïs américain (Japon, Mexique…) renforcent les incertitudes. C’est également le cas de ses dernières annonces enjoignant l’industrie agroalimentaire à se passer de sirop de fructose, débouché important du maïs américain, au profit du sucre de canne. Dans son rapport de juillet par rapport à juin, l’IGC prévoit pour la campagne 2025/26 une production mondiale de 1276 Mt, une hausse de 3 Mt de la consommation (1272 Mt) et une baisse de 4 Mt des stocks (282 Mt). Au Brésil, au 12/07, 42% des maïs safrinha étaient récoltés contre 51% en moyenne à cette date. L’USDA comme la CONAB ont revu la production en hausse, désormais estimée à 132 Mt par les deux organismes. En Chine, l’attaché de l’USDA estime la production 2025/26 à un record de 298 MT (3 Mt de plus que le chiffre retenu par l’USDA à ce stade). La demande locale en maïs devrait rebondir dans ce contexte, notamment en FAB. A court terme, le gouvernement privilégie de faire appel à ces stocks plutôt qu’aux importations.

EUROPE : Légère détente de l’euro

L’euro s’est légèrement détendu face au dollar, s’éloignant de son plus haut atteint début juillet, du fait notamment des menaces renouvelées par D. Trump et de la perspective de l’instauration de 30% de droits de douane le 1er août prochain. La Commission Européenne a profité de ce sursis pour retarder ses contre-mesures, dont des droits de douane à 25% sur le maïs américain qui
écarteraient cette origine du marché européen. Celle-ci reste sollicitée par les importateurs en ce début de campagne du fait du manque de volumes en ancienne récolte en Ukraine et du retard pris par la récolte brésilienne. Les pluies ont fait leur retour en Europe centrale de même que sur le centre de l’Ukraine. Elles sont plus éparses en France de même que sur le bassin du
Danube et sur le sud de l’Ukraine, ce qui pénalise les maïs en floraison.

FRANCE : Baisse des stocks

Au 14/07, 65% des maïs étaient en floraison selon CéréObs contre 43% en moyenne à cette date. 72% des maïs étaient en conditions « bonnes à très bonnes », en baisse de 4 points sur la semaine. La semaine passée, suivant la tendance outre-Atlantique renforcée par les inquiétudes climatiques, l’échéance novembre 2025 d’Euronext a gagné 1,5 €/t pour se situer à 202 €/t. Les prix physiques ont regagné un peu de fermeté. Dans son bilan de juillet, par rapport à juin, FranceAgriMer a revu les stocks en baisse de 250 Kt (3,3 Mt), toujours à un niveau record, du fait d’une hausse de 330 Kt des exportations (5 Mt) liée à l’absence de l’Ukraine et du Brésil sur le marché européen pour la fin de campagne