Lettre des marchés 734

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MONDE : Les fonds spéculatifs se couvrent

Du 23/02 au 01/03, le cours de l’échéance mai à Chicago a gagné 4 $/t pour se situer à 167 $/t. Les cours américains ont rebondi la semaine passée du fait de l’activité des fonds qui cherchent à se couvrir. En effet, les fonds non-commerciaux à Chicago avaient atteint à la fin février une position nette vendeuse record ce qui les a incités à clôturer un certain nombre de positions vendeuses pour éviter un risque financier trop important en cas de retour d’une dynamique haussière sur le maïs. Si cette logique de couverture se maintient dans les prochaines semaines, favorisée par de nouveaux éléments de marchés positifs pour les cours, cela pourrait entretenir le rebond observé. Celui ci
restera cependant nécessairement limité compte-tenu des volumes de maïs qui n’ont pas encore été engagés par les producteurs du fait de prix trop bas. La semaine passée, les contractualisations à l’export de maïs américain ont atteint 1,1 Mt, dans le haut des attentes des opérateurs. Après des achats en Ukraine, les opérateurs surveillent le retour d’achats chinois aux Etats-Unis. Le maïs américain, de meilleure qualité, pouvant être stocké plus facilement. Les producteurs d’éthanol se satisfont de la décision de Joe Biden d’autoriser à partir
de 2025 la vente de l’E-15 toute l’année dans les Etats du Midwest, clé pour l’élection présidentielle de novembre. Au Brésil, les semis de maïs safrinha se déroulent toujours rapidement avec 73% des maïs semés à la fin février. Les surfaces semées en mars seront plus
exposées au risque de sécheresse précoce. Les conditions météo de mars/avril seront déterminantes pour le rendement. A ce jour, les modèles météo restent plutôt pessimistes sur la pluviométrie. En Argentine, du fait de la vague de chaleur ayant affecté les semis tardifs, la
Bourse de céréales de Rosario a revu en baisse sa projection de production de 2 Mt (57 Mt). Les opérateurs restent cependant optimistes sur une récolte record ou quasi record de maïs (55-60 Mt). Les toutes premières récoltes des semis précoces montrent à ce titre de très bons rendements.

EUROPE : Achats chinois en Ukraine

La Chine est de retour aux achats après les festivités du Nouvel An. Elle aurait acheté jusqu’à 600 Kt de maïs ukrainien la semaine passée pour un prix d’environ 230 $/t CAF Chine. Ce prix et ces achats démontrent si nécessaire que le maïs ukrainien est la céréale fourragère la plus compétitive sur la scène mondiale ce qui pousse les acheteurs chinois à s’y intéresser malgré les risques en Mer Rouge.
Le blé russe maintient la pression sur les origines européennes avec des prix FOB sous les 215 $/t, au plus bas depuis 3 ans. Dans son bilan de février, par rapport à janvier et pour la campagne en cours, la Commission Européenne revoit en baisse sa prévision d’importations de maïs de 2,5 Mt (17,5 Mt). Au 22/02, 11,5 Mt ont été importées contre 14,5 Mt à cette date en moyenne (2018-2022).

FRANCE : Légère hausse des prix

Les FAB français, italiens et espagnols sont aux achats ce qui a permis une légère hausse des prix physiques la semaine passée avec, selon les régions, des prix compris entre 150 et 170 €/t contre 145-165 €/t la semaine précédente. On note cependant quelques difficultés logistiques pour les exports par camion. Malgré un contexte favorable pour le maïs à Chicago, le contrat juin d’Euronext a suivi une tendance baissière en cédant 3 €/t la semaine passée pour s’établir à 171,25 €/t. Cela s’explique par la dynamique du contrat mai en blé qui a cédé 8 €/t sur la même semaine du fait de la concurrence des origines Mer Noire.