Lettre des marchés 728

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MONDE : Rapport de l’USDA baissier pour le maïs

Du 05/01 au 12/01, le cours de l’échéance mars à Chicago a perdu 5 $/t pour se situer à 176 $/t. La semaine passée, les cours ont subi la pression à la baisse du pétrole et la publication d’un rapport de l’USDA baissier pour le maïs . Le rapport mensuel de l’USDA a en effet surpris les opérateurs avec un rendement moyen américain revu en nette hausse de 1,5 q/ha (111 q/ha) par
rapport à décembre, un mouvement inhabituel à cette période de l’année. La production américaine, déjà record, a été ainsi une nouvelle fois revue à la hausse de 2,7 Mt (390 Mt) et, malgré une hausse de la consommation domestique (éthanol & FAB), les stocks ont été revus en hausse de 793 Kt (54,9 Mt). Au niveau mondial, l’USDA a revu la production en hausse de 14 Mt
(1235 Mt), la consommation de 4 Mt (1211 Mt) et les stocks de 10 Mt (325 Mt). Là encore, ces mouvements d’ampleur ont surpris les opérateurs. Ils résultent cependant de la reprise des chiffres officiels chinois, sujets à caution, et sont donc moins significatifs que les mouvements du bilan américain. Au niveau de la demande, la production d’éthanol reste à un niveau élevé aux
Etats-Unis, ce qui est nécessaire pour éviter un alourdissement supplémentaire des stocks. Cependant, les opérateurs s’inquiètent d’un début de guerre des prix entre les pays producteurs de pétrole qui pourrait, si cela se confirmait, venir comprimer les marges des producteurs et la demande en maïs. Au Brésil, l’USDA a revu en baisse de 2 Mt (127 Mt) sa projection de production
pour la campagne en cours mais elle est reste bien au-delà de l’estimation de la CONAB (118 Mt). Le début des semis de maïs safrinha à la fin du mois devrait permettre d’affiner progressivement les estimations de surfaces, attendues en forte baisse, et la production. En Argentine, 85% des semis de maïs sont réalisés contre 88% en moyenne à cette date. Les conditions météo restent excellentes alors que la plupart des semis précoces sont désormais en floraison. C’est ce qui a conduit la bourse de Rosario à revoir la production en hausse de 3 Mt (59 Mt), ce qui serait un nouveau record. Enfin, les opérateurs gardent un oeil attentif sur les éléments géopolitiques avec une augmentation de la tension en Mer Rouge et l’élection d’un candidat indépendantiste, mal vu par la Chine, à Taïwan.

EUROPE : Révision en baisse des importations UE

Au 09/01, l’Union Européenne avait importé 9 Mt contre 11,3 Mt à date en moyenne (2018-2022). Après 6 mois de campagne, ces chiffres ont conduit l’USDA dans son rapport de janvier à revoir en légère baisse de 1 Mt sa prévision d’importations pour la campagne en cours (23,5 Mt). Les tensions liées aux importations ukrainiennes sont loin d’être apaisées en Europe. Alors que la Roumanie a récemment levé son interdiction d’importation, des agriculteurs ont de nouveau procéder à des blocages frontaliers.

FRANCE : Demande faible sur le nord de la France

Si les acheteurs espagnols sont bien de retour dans le Sud-Ouest après les Fêtes, ce qui permet une relative stabilisation des prix, les acheteurs restent peu présents sur la moitié nord de la France. Malgré une bonne disponibilité locale, les importations en provenance du Benelux restent rares, de ce fait les primes reculent. En effet, le maïs français peine à s’imposer face à la concurrence
notamment ukrainienne, tant en maïs qu’en blé fourrager, très compétitif. La semaine passée, les prix physiques s’établissaient, selon les régions, entre 170 €/t et 200 €/t. Le cours de l’échéance mars sur Euronext a cédé 5 €/t la semaine passée pour s’établir à 191 €/t.