Lettre des marchés 699

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MONDE : Le maïs dévisse à Chicago

Du 21 au 28 avril, le cours de l’échéance juillet à Chicago a cédé 16 $/t pour se situer à 230 $/t. Cette très forte baisse s’explique par des annulations d’achats chinois et par l’amélioration des conditions météos sur la Corn Belt. La semaine passée, les contractualisations à l’export ont atteint 400 Kt aux Etats- Unis, dans les attentes des opérateurs. Ce sont toutefois deux annulations
d’achats de la part de la Chine, pour un total de 560 Kt, qui ont exercé une très forte pression sur les cours américains en faisant douter les opérateurs de la possibilité d’atteindre pour la campagne en cours la projection d’exportations de l’USDA (47 Mt) et en leur faisant craindre une hausse des stocks (34 Mt). Certains s’interrogent sur le niveau de la demande chinoise mais ces annulations peuvent se comprendre au regard de la baisse des prix brésiliens ces dernières semaines (plus de 30 $/t) alors que le pays attend une récolte record (130 Mt). La production d’éthanol a connu de mauvais chiffres la semaine passée. Les opérateurs s’inquiètent du repli des cours du pétrole, cependant la hausse des cours du sucre est à suivre, elle pourrait conduire à des arbitrages défavorables à la production d’éthanol de canne à sucre au Brésil. Au 30/04, 26% des maïs étaient semés aux Etats-Unis, un chiffre conforme à la moyenne (2018-2022). Un temps plus chaud et sec est attendu sur la Corn Belt ce qui devrait favoriser les chantiers de semis et ce qui a également fait pression sur les cours américains la semaine passée. La fonte des neiges dans le nord du
pays rend par ailleurs la navigation limitée sur le cours supérieur du Mississippi. En Argentine, la récolte se poursuit avec un rendement moyen médiocre (41 q/ha) compte-tenu des conditions météo très dégradées tout au long du cycle de culture. Au 26/04, 15% des maïs étaient récoltés contre 25% en moyenne à date. Au Brésil, les récoltes de soja (154 Mt) et de maïs sont attendues à un niveau record ce qui met la logistique et le stockage sous forte tension. Au Mato Grosso, 1er Etat producteur, le déficit de stockage attendu est de l’ordre de 60 Mt ce qui pourrait forcer les producteurs locaux à vendre leur maïs non engagé au prix spot à partir de la récolte en juillet, avec un fort potentiel de pression sur les prix. Les analystes s’attendent dans les prochains mois à une bascule du phénomène climatique « la Niña », favorisant un temps sec en Argentine et sur le sud du Brésil, à « El Niño », favorisant un climat plus sec sur le Centre-Ouest brésilien.

EUROPE : Des pluies en Europe…sauf en Espagne

Les semis ont débuté partout en Europe et sont parfois freinés par un temps frais et humide. Les pluies ont fait leur retour quasiment partout au printemps, à l’exception notable de l’Espagne où une canicule précoce couplée à un déficit hydrique durable affecte sévèrement le potentiel de production des céréales. Ces pluies restent toutefois encore insuffisantes dans certaines zones marquées par un hiver très sec (Italie du Nord, sud-est de la Roumanie…). Un accord a été trouvé entre la Commission Européenne et les 5 pays d’Europe de l’Est qui avaient annoncé des mesures unilatérales contre les importations ukrainiennes. Ces mesures sont levées en échange d’un soutien financier et de l’assurance que les marchandises, dont le maïs, ne pourront que transiter.

FRANCE : Progression des semis

Un temps plus chaud et moins humide a permis l’accélération des semis fin avril. Au 24/04 selon CéréObs, 44% des maïs grain étaient semés et 8% avaient levé contre respectivement 56% et 15% en moyenne à cette date (2018-2022). Cette semaine, la douceur devrait se maintenir et les pluies devraient toucher les deux-tiers nord du pays. Le cours de l’échéance novembre 2023 d’Euronext a perdu 4 €/t la semaine passée pour se situer à 232 €/t au 28/04, une pression moins forte qu’à Chicago.