Lettre des Marchés 597

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MONDE : Achats chinois massifs

Du 22/01 au 29/01, les cours de l’échéance mars à Chicago ont gagné 18 $/t pour se situer à 215 $/t. Cette forte hausse, après une forte baisse la semaine précédente, traduit la volatilité qui agite les marchés agricoles depuis quelques semaines. Elle s’explique par d’importants achats chinois pour la campagne 2020/21. En effet, la semaine passée, la Chine a acheté un peu moins de 6 Mt de maïs américain en quelques jours, soit une quantité plus importante que les exportations moyennes des Etats-Unis vers ce pays lors des dernières campagnes. Par ailleurs, ADM a annoncé que la Chine devrait acheter plus de 750 millions de litre d’éthanol américain sur le 1er semestre 2021, dépassant le record d’exportations établit en 2016. A l’heure actuelle, la Chine devance le Mexique au rang de 1er client du maïs américain. Ces ventes portent également, à fin janvier, le total des contractualisations de maïs pour l’export à 85% de la projection d’exportations de l’USDA pour 2020/21 (65 Mt). Les opérateurs s’attendent donc à une révision importante de ce chiffre dans le rapport de février ce qui devrait apporter une nouvelle tension sur les stocks de report. Les importations chinoises, actuellement projetée à 17,5 Mt, devraient elles aussi être revues en hausse. Dans une moindre mesure, la situation sud-américaine a également participé à la hausse des cours. En Argentine, où les 6,2 Mha de maïs sont désormais pratiquement tous semés, les conditions de culture des maïs ont été dégradées malgré les pluies de janvier. Au 28/01, 22% des maïs étaient en conditions « bonnes à excellentes » contre 28% la semaine précédente. Les pluies du week-end devraient permettre d’améliorer un peu la situation des maïs, en phase cruciale de floraison, alors que la semaine prochaine s’annonce sèche. Au Brésil, des pluies éparses ont touché le Centre-Ouest la semaine passée et des pluies plus importantes sont attendues sur le nord de cette zone cette semaine. Du fait de la récolte tardive de soja, les semis de maïs safrinhas dans cette zone prennent du retard ce qui pourrait conduire à une plus grande exposition aux aléas climatiques en fin de cycle. A ce jour, 2,5% des maïs safrinhas ont été semés contre 15% en moyenne lors des 5 dernières campagnes.

EUROPE : Ukraine, quota symbolique d’exportations

Le 25 janvier dernier, le gouvernement ukrainien a mis en place un quota de 24 Mt pour les exportations de maïs. Une telle mesure était exigée par les éleveurs afin de contenir l’envolée des prix domestiques du maïs et alors que plus de 10 Mt, sur les 29,5 Mt produites, ont déjà été exportées entre septembre et janvier. Cependant, le niveau du quota rend celui-ci largement symbolique. Il correspond en effet à l’évaluation du disponible exportable du pays par l’USDA en janvier. Dans son bilan de janvier, par rapport à celui de décembre, la Commission Européenne a revu en baisse les importations de 500 Kt (18,5 Mt) et les stocks de report de la campagne de 462 Kt (18,4 Mt). Cette projection d’importations peut sembler encore un peu trop importante étant donné la dynamique actuelle des importations européennes de maïs. L’UE pourrait alors perdre sa place de 1er importateur mondial, occupée depuis 2017, au profit de la Chine.

FRANCE : Compétitivité

Du fait des niveaux de prix élevés en Mer Noire, et malgré des prix au plus haut depuis 2014, l’origine française devrait rester compétitive dans les prochains mois sur le marché européen et notamment en Espagne, son 1er débouché.