AGPM INFO Technique n°502

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RÉCOLTE DU MAÏS FOURRAGE :
PLUSIEURS MÉTHODES POUR PRÉVOIR LE STADE 32-33 %MS

Pour atteindre l’objectif d’un stade de récolte proche de 32-33 % MS et ensiler régulièrement dans la fourchette 31-35 % MS, l’anticipation est de rigueur. Dès la floraison du maïs, il est possible de faire une première estimation de date de récolte. Plusieurs méthodes de prévision peuvent être utilisées : les modèles de prévisions et les observations au champ peuvent se compléter utilement.

EN 2020 : PREMIÈRES RÉCOLTES
PRÉVUES À PARTIR DU 20 AOÛT, VOIRE AVANT SI LE DÉFICIT HYDRIQUE PERSISTE

Cette carte prend en compte les températures relevées depuis le 9 juillet. La floraison des maïs fourrage a débuté depuis le 10 juillet et va se prolonger jusqu’à début août dans les régions les plus tardives. Au niveau des températures, après un début de cycle très excédentaire, les cumuls observés depuis le mois de juin sont en moyenne proches de la normale, voire légèrement excédentaires dans l’ouest. Côté pluviométrie, le début du mois de juillet a été sec dans tout le pays. Les maïs commencent à souffrir d’un manque d’eau dans les parcelles les plus superficielles, notamment dans les régions où le mois de juin a également été peu arrosé (Nord-Picardie, Haute Normandie). Avec des valeurs observées proches de la médiane, les dates de récolte prévues évoluent peu. En conditions d’alimentation en eau normale, les premières récoltes devraient ainsi débuter autour du 20 août en Rhône-Alpes, Pays de la Loire et Centre Ouest.

En situation de stress hydrique, les prévisions doivent être considérées avec précautions. Si le temps sec persiste, les chantiers d’ensilage pourraient démarrer plus tôt que prévu.
Aujourd’hui, il revient à chaque éleveur de vérifier l’évolution de ses maïs par les méthodes habituelles (observation de l’état des plantes, de la maturité des grains). Les chantiers se déroulant sur environ un mois, ARVALIS recommande de commencer les récoltes suffisamment tôt pour ne pas les finir à des taux de matière sèche trop élevés.

  • Pour chaque « région », les experts d’ARVALIS ont défini le groupe de précocité dominant et la date médiane des semis en 2020. Avec les données météo de l’année en cours et les données statistiques des semaines à venir, il est possible de prévoir une période à laquelle le stade optimal de récolte, 32-33 % de matière sèche plante entière, sera atteint. Cette prévision sera mise à jour fin août et disponible sur le site ARVALIS, pour prendre en compte le climat de l’année. Afin d’étaler la période de chantier, et pour éviter les récoltes tardives à taux de matière sèche trop élevé, la carte propose une période de début de récolte par région.

Optimiser la valeur alimentaire du maïs fourrage

Récolter le maïs fourrage au bon stade est déterminant pour avoir un maïs fourrage en quantité et avec une qualité optimale et stable jusqu’à l’auge des animaux.
L’objectif de 31-35 % de MS correspond au meilleur compromis entre Rendement, Valeur alimentaire, et facteurs de bonne conservation.
Les prévisions réalisées par Arvalis permettent de sensibiliser éleveurs, CUMA et entreprises de travaux agricoles à l’avancement de la maturité des maïs, afin de déclencher les chantiers de récolte à temps.

Le chiffre du mois : 24

C’est le nombre de degrés-jour (en base 6-30) nécessaire pour gagner 1 point de matière sèche (MS) entre 25 et 30 % MS plante entière. Les besoins descendent à 20 dj entre 30 et 35 % MS, et sont seulement de 18 dj en situation de stress hydrique.

MODÉLISATION : CALCUL DES SOMMES DE TEMPÉRATURE À PARTIR DE LA FLORAISON

La date de floraison femelle – sortie des soies – est le premier indicateur de la précocité de la parcelle. Elle permet de prédire avec une assez bonne fiabilité la période optimale de récolte. Pour déterminer la date de floraison, il faut visiter régulièrement les parcelles au moment de l’apparition des soies. Par comptage de plantes dans une zone représentative de la parcelle (éviter les bordures), on détermine le pourcentage de plantes présentant au moins une soie. Une plante est fleurie lorsqu’elle présente au moins une soie, et la parcelle est fleurie quand 50 % des plantes présentent des soies.
Selon la précocité des variétés, l’évolution entre le stade « floraison femelle » et le stade « 32 % de MS de la plante entière », soit environ 45 % d’humidité dans le grain, demande entre 550 et 700 degrés jours (en base 6-30), voir tableau ci-dessous. Le repérage de la date de floraison femelle et le calcul des sommes de température depuis cette date permet donc de prévoir approximativement la date de récolte au stade optimal. Ce mode de calcul est à compléter par l’observation de l’apparition de la lentille vitreuse sur les grains.

LES MESURES AU CHAMP

Que ce soit pour observer les grains ou prélever des plantes en vue d’une analyse de matière sèche, il est indispensable d’éviter les rangs de bordure, de rentrer bien à l’intérieur de la parcelle, et repérer une zone homogène, représentative de la culture.

Observer le niveau de remplissage des grains au champ

Plusieurs épis consécutifs sont déspathés puis coupés en deux. L’aspect du grain est observé sur les couronnes centrales de chaque épi.
L’amidon dans les grains est présent sous trois formes : amidon laiteux blanc liquide, amidon pâteux jaune clair, et amidon vitreux jaune brillant difficilement rayable à l’ongle. Au stade optimal de récolte, ces 3 amidons sont répartis en 3 tiers dans les grains des couronnes centrales de l’épi. A ce stade, on observe souvent un début de dessèchement des spathes ou un dégagement du sommet de l’épi (grains visibles) mais cela n’est pas systématique. Lorsque les conditions de cultures ont été « normales », tant du point de vue des dates de semis que des conditions climatiques, ce stade optimal correspond à environ 32-33 % de matière sèche de la plante entière. Cette valeur est à moduler en fonction du développement respectif des épis et des tiges : un peu plus humide (jusqu’à 29-30 % MS) si la proportion d’épis est faible et/ou l’appareil végétatif riche en eau ; un peu plus sec (35 % MS) si la proportion d’épis est élevée et/ou l’appareil végétatif desséché.

Prélever des plantes pour déterminer le taux de MS.

Pour être fiable, la détermination du taux de matière sèche doit se faire sur un échantillon de plantes représentatives du champ, hors bordure. Se placer dans une zone représentative et couper dix plantes successives à 15 cm du sol. Les broyer et prendre un échantillon en ayant pris soin de ne pas perdre de grains (les grains, plus lourds que les tiges et feuilles, ont tendance à tomber au fond de l’échantillon : prélever en se servant de la main comme d’une pelle, et non comme d’un grappin). Mettre l’échantillon dans un sac plastique dont on extraira le maximum d’air avant fermeture. Le conserver au frais/à l’ombre et le déposer au plus vite au laboratoire. Séchage à l’étuve à 105 °C durant 24 heures ou 80 °C durant 48 heures.

Avec les réseaux de suivi de parcelles

Le suivi régulier d’un réseau de parcelles permet de mesurer l’évolution de la maturité des maïs. Les parcelles doivent être représentatives des surfaces cultivées (date de semis, précocité variétale) et les mesures réalisées au minimum une fois par semaine, voire plus fréquemment en cas d’épisode de fortes chaleurs. La diffusion de ces informations donne aux agriculteurs des informations utiles pour décider de leur date de chantier, en complément de leurs propres observations.