Lettre des marchés N°840

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MONDE : Hausse surprise des stocks américains

Du 25/09 au 02/10, le cours de l’échéance décembre à Chicago a perdu 12 $/t pour se situer à 196 $/t, effaçant tout le mouvement de hausse depuis le 20 août dernier. Les opérateurs ont été surpris par le rapport trimestriel de l’USDA sur les stocks. Celui-ci revoyant les stocks 2025/26 en hausse de 4,4 Mt, bien au-delà des attentes des opérateurs. Cela a également poussé les fonds noncommerciaux à réduire leur position nette acheteuse. A Chicago, les prix tentent désormais de se consolider au-delà du support des 5 $/boisseau (197 $/t). Ces éléments seront reportés au bilan 2026/2027 dans le rapport mensuel de l’USDA d’octobre, à paraître le 9/10. Cela redonnera un peu de confort aux stocks américains qui commençaient à se tendre et permettra d’envisager plus sereinement une éventuelle nouvelle révision en baisse du rendement américain. Aux Etats-Unis, la semaine passée, les contractualisations à l’export on atteint 536 Kt, dans le bas des attentes des opérateurs et sous la moyenne 5 ans à cette date. La production d’éthanol est également en légère baisse ces deux dernières semaines – 1,007 millions de barils/jour la semaine passée – du fait de maintenances et d’un ralentissement de la récolte américaine. Les stocks en revanche reprennent, tardivement, leur décrue saisonnière et passent sous les 24 millions de barils.
Au 27/09, 18% des maïs américains étaient récoltés, un chiffre similaire à la moyenne à cette date. Le retour d’un temps sec devrait faciliter les chantiers. L’Argentine profite de l’absence de l’Ukraine en Afrique du Nord et en Méditerranée pour gagner d’importantes parts de marché à l’export. Au Brésil, au 25/09, les semis de maïs safra (pleine saison) atteignent 29% contre 25% à cette date. Les semis de soja, précédant le maïs safrinha, débutent. Le programme d’exportations brésilien reste limité mais avec une hausse de 22% de la production d’éthanol de maïs entre janvier et août (16,7 Mt), par rapport à la même période en 2025, l’industrie locale confirme ses besoins en maïs.

EUROPE : L’euro au plus bas depuis un an et demi

Du fait de l’inflation aux Etats-Unis mais également des craintes sur le marché obligataire européen, notamment français, l’euro accentue son mouvement de baisse. Il est désormais au plus bas face au dollar depuis le printemps 2025, ce qui renforce la compétitivité des céréales européennes. Dans son bilan de septembre, par rapport à août, la Commission Européenne revoit la production de l’UE en baisse de 1,8 Mt (48,3 Mt). Les projections d’importations sont maintenues à 25 Mt. En septembre, les exportations ukrainiennes ont atteint 50% de leur niveau de l’an passé sur le même mois et les exportations russes seulement 25%. En Ukraine le déficit de stockage provoqué par cette situation est estimé à 11 Mt. Cela maintient par ailleurs la pression sur les prix locaux.

FRANCE : Importations de maïs

Selon CéréObs, au 28/09, 67% du maïs grain était récolté contre 20% en moyenne à cette date. La semaine passée, l’échéance novembre 2026 était en baisse de 2 €/t pour se situer à 269 €/t au 02/10. Le manque de disponibilité en Europe limite cependant l’impact de la baisse de prix à Chicago. Les prix physiques étaient en baisse marquée et se situaient, selon les régions, entre 255 et 300 €/t. Le maïs d’importation, rendu France, est actuellement coté environ 10 à 15 €/t moins cher que le maïs français ce qui fait pression sur les prix. Les importations sont attendues en nette hausse sur 2026/2027 pour pallier le manque de production. De premier bateaux sont attendus sur novembre.