Lettre des marchés N°831

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MONDE : Trêve fragile au Moyen-Orient

Du 12/06 au 19/06, le cours de l’échéance juillet à Chicago est resté relativement stable et se situait à 163 $/t. Après la très forte pression baissière des 30 derniers
jours, les opérateurs sont prudents en attendant le rapport de l’USDA du 30 juin prochain qui fera le point sur le niveau des stocks trimestriels et surtout sur les surfaces. Ils se montrent également prudents quant à la trêve au Moyen-Orient qui semble fragile. Au 15/06 aux Etats-Unis, 68% des maïs étaient en conditions « bonnes à excellentes », en hausse de 1 point sur une semaine. Les conditions météos, pluvieuses et relativement fraîches, restent très favorables sur la Corn Belt ce qui n’est pas de nature à provoquer des tensions sur le marché. La semaine passée aux Etats-Unis, les contractualisations à l’export ont atteint 1,16 Mt dans les attentes des opérateurs. En alimentation animale, l’inquiétude est de mise avec les premières apparitions de la lucilie bouchère, mouche très néfaste pour l’élevage, dans le sud des USA. Enfin, les exportateurs américains s’inquiètent des velléités de D.Trump de vouloir remettre en cause l’accord de libre-échange nord-américain (USMCA) qui doit être renouvelé en juillet. Le Canada est le 1er client de l’éthanol américain et le Mexique, 1er destinataire du maïs grain. Au Brésil, 7% des maïs safrinha sont récoltés au 12/06, un rythme similaire à la moyenne quinquennale à cette date. En Argentine, au 17/06, 48% des maïs sont récoltés. Les pluies ralentissent les chantiers. La compétition reste rude pour le marché asiatique cet été, le maïs américain reste à ce stade un peu plus compétitif que les offres brésilienne et argentine.

EUROPE : Vague de chaleur

L’UE connaît une importante vague de chaleur, dont un dôme centré sur la France ; de quoi pénaliser les perspectives de rendement même si dans la plupart des cas les maïs ne sont pas au stade très sensible de la floraison. Cette vague épargne l’Ukraine et la Russie où les températures sont plus modérées et les pluies plus régulières. Cela a conduit l’USDA à revoir à la hausse les prévisions de récolte de blé pour ces deux pays. Au niveau de l’UE, le Cocéral a publié sa dernière estimation de surfaces mi-juin
et il prévoit 7,8 Mha pour le maïs grain, en repli de 311 Kha par rapport à la 1ère estimation de mars. Sur cette base, le potentiel de production est estimé à 57,2 Mt, proche de celui indiqué par la plupart des analystes. L’euro poursuit sa baisse face au dollar, malgré la récente hausse de taux de la BCE, du fait d’annonces de la Fed américaine sous entendant une prochaine hausse des taux aux Etats-Unis. Ce mouvement soutient le prix des céréales européennes.

FRANCE : Forte baisse des surfaces de maïs grain

Agreste annonce des surfaces de maïs grain en baisse de 19,5% sur un an,  1,25 Mha, un chiffre pessimiste. Par ailleurs, le dôme de chaleur touche la France alors que les maïs les plus précoces arrivent au stade sensible de la floraison. Ces deux éléments ont conduit l’échéance novembre 2026, en nouvelle récolte, à progresser de 9 €/t la semaine passée pour se situer à 213 €/t. FranceAgriMer a revu une nouvelle fois les stocks de maïs en hausse pour la campagne 2025/26. A 2,5 Mt, ils se situeraient à leur niveau le plus élevé depuis 2017/18, conséquence d’une collecte réévaluée (12,1 Mt), d’une demande français limitée en alimentation animale comme en amidonnerie et malgré de bonnes performances à l’export (5,7 Mt).