Lettre des marchés N°829

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MONDE : Liquidation des fonds à Chicago

Du 29/05 au 05/06, le cours de l’échéance juillet à Chicago a perdu 11 $/t pour se situer à 165 $/t, signant ainsi le pire début d’un mois de juin pour les cours du maïs à Chicago. Cela est dû à des ventes massives de la part des fonds non
commerciaux qui liquident une grande partie de leur position nette acheteuse dans un contexte de semis rapides du maïs et de bon état des cultures et en amont de la parution le 30/06 du rapport de l’USDA sur les surfaces. Les opérateurs seront attentifs cette semaine à la publication mensuelle de l’USDA. Outre les stocks américains, on surveillera l’évolution des stocks chinois. Aux Etats-Unis, au 01/06, 93% des maïs étaient semés contre 92% en moyenne à cette date. 67% des maïs étaient en conditions « bonnes à excellentes » légèrement sous les attentes des opérateurs, un chiffre globalement bon pour la période. Les nouvelles pluies, attendues notamment sur l’Ouest de la Corn Belt, devraient les conforter. La semaine passée aux Etats-Unis, les contractualisations à l’export ont atteint 883 Kt, un chiffre sous les attentes des opérateurs. Les chargements à l’export restent toutefois très dynamiques et la campagne devrait bien s’orienter vers un nouveau record d’exportations ainsi que le prévoit l’USDA. La production d’éthanol était en hausse la semaine, à plus de 1,1 million de barils/jour, tandis que les stocks poursuivaient leur décrue. Les marges des industriels américains sont en baisse mais restent bonnes, dans un contexte de grande nervosité sur le marché pétrolier, liée à la situation géopolitique. Au Brésil, les marges des éthanoliers sont également bonnes bien qu’en baisse et désormais proche de leur moyenne des 5 dernières années. Cela pousse les prix du maïs à la hausse. Les exportateurs auront fort à faire pour attirer les ventes des producteurs et assurer l’exécution du programme d’exportations. En Argentine, la récolte s’accélère avec le séchage du grain des semis tardifs et la fin de la récolte du soja. Au 03/06, 41% des maïs étaient récoltés.

EUROPE : Baisse de la production en Ukraine

En Ukraine, l’UGA prévoit une production de maïs de 32,1 Mt, en baisse de 500 Kt par rapport à mai mais en hausse de 1 Mt par rapport à 2025. Le potentiel d’exportations du pays s’en trouverait conforter, d’autant plus qu’il pourra
bénéficier d’importants stocks de report de la campagne en cours. Pour 2026/2027, les exportations sont ainsi prévues à 27 Mt contre 22 Mt pour la campagne en cours, sur lesquelles 19,5 Mt ont déjà été exportées au 1er juin. Dans un contexte de crainte inflationniste, la BCE devrait augmenter ses taux directeurs jeudi, un mouvement qui renforcera l’euro face au dollar et pèsera sur le prix des céréales européennes. A l’exception de la Hongrie, des pluies sont attendues cette semaine sur l’Europe centrale et l’Europe de l’Est jusqu’en Ukraine. Cela devrait favoriser le maïs, notamment en Pologne où le déficit hydrique s’installait.

FRANCE : Demande atone

Au 01/06, selon Céréobs, 68% des maïs grain avaient atteint le stade « 6-8 feuilles » contre 48% en moyenne à cette date. 84% étaient en conditions « bonnes à très bonnes », en repli de 4 points sur la semaine. La dynamique à Chicago pèse sur les prix français. La semaine passée, l’échéance novembre 2026, en nouvelle récolte, perdait 5 €/t pour se situer à 211,75 €/t. Les prix physiques pour la récolte 2025 évoluaient également à la baisse et se situaient selon les régions entre 190 et 205 €/t. La demande pour le maïs français est limitée, tant en France qu’à l’export.