Lettre des marchés N°827

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MONDE : Hausse des surfaces attendue en Chine

Du 15/05 au 22/05, le cours de l’échéance juillet à Chicago a gagné 3 $/t pour se situer à 183 $/t. La volatilité reste très présente à Chicago, les opérateurs sont
tiraillés entre les espoirs d’achats chinois, une situation qui reste incertaine en Iran et des fondamentaux plus détendus avec de bonnes conditions sur la Corn Belt et des stocks mondiaux qui restent confortables à ce stade. C’est ce que confirme l’IGC dans son rapport de mai. L’organisme laisse stable ses projections au niveau mondial pour 2026/27. La production est estimée à 1300 Mt, en baisse de 29 Mt par rapport à la campagne en cours, la consommation est attendue à 1316 Mt, en hausse de 5 Mt sur un an. Les stocks mondiaux sont vus en repli de 16 Mt sur un an (291 Mt) mais ils resteraient supérieurs à la moyenne 5 ans notamment chez les grands exportateurs.
Aux Etats-Unis, au 18/05, 76% des maïs étaient semés contre 70% à cette date en moyenne. Après des pluies bienvenues sur l’ouest de la Corn Belt, un temps plus chaud et sec est attendu ce qui devrait favoriser les levées. La semaine passée aux Etats-Unis, les contractualisations à l’export ont atteint 2,13 Mt, un chiffre supérieur aux attentes des opérateurs. La demande retrouve également un rythme dynamique dans le secteur de l’éthanol. Après un mois d’inquiétude, les stocks prennent le chemin de la baisse saisonnière du printemps tandis que la production augmente. Au Brésil, le temps reste chaud et sec sur le Centre-Sud alors que le maïs safrinha est majoritairement en phase de remplissage du grain. Le maïs brésilien gagne en compétitivité sur l’Asie pour des livraisons estivales mais les exportateurs auront fort à faire pour le sourcer alors que 16 usines d’éthanol à base de maïs devraient entrer en fonction dans les 12 prochains mois. En Argentine, la bourse de Buenos Aires revoit les surfaces de maïs en hausse de 300 Kha et la production de 3 Mt (64 Mt, un record). Au 20/05, 33% des maïs sont récoltés et la récolte des semis tardifs débute. En Chine, les autorités revoient en forte hausse la prévision d’utilisation de maïs en alimentation animale compte-tenu de sa compétitivité (+17 Mt). Cela devrait pousser l’USDA à revoir à la baisse les stocks chinois lors de ses prochains bilans. Par ailleurs, les surfaces pour 2026 sont attendues à 45,1 Mha, en hausse de 0,4 % sur un an. Les importations sont attendues stables sur un an, à 6 Mt.

EUROPE : Fin des semis en Ukraine

En Ukraine, 94% des semis étaient réalisés au 25/05. 70% des semis ont été concentrés sur le mois de mai faisant courir, comme l’an passé, le risque d’une récolte tardive et difficile à sécher. La météo des prochaines semaines sera clé pour rattraper ce retard au semis. Un temps relativement frais et pluvieux est attendu cette semaine sur cette partie de la Mer Noire, ce qui ralentit par ailleurs les semis de printemps en Russie. Cela contraste avec le temps très chaud et les pluies éparses attendues sur le
reste de l’Europe.

FRANCE : Demande atone

Au 18/05, selon Céréobs, 88% des maïs grain avaient levé contre 77% en moyenne à cette date. 91% étaient en conditions « bonnes à très bonnes ». La semaine passée, dans un contexte de fin de campagne tendu, l’échéance novembre 2026 en nouvelle récolte gagnait 4,75 €/t pour se situer à 215,25 €/t. Les prix physiques pour la récolte 2025 se situaient selon les régions entre 190 et 200 €/t. La demande reste atone malgré la baisse de prix depuis la mi-mai. Après un printemps sec, la fonte précoce des neiges dans les Alpes fait craindre pour le niveau du Rhin dans les prochaines semaines.