MONDE : Concessions agricoles limitées pour la Chine
Du 08/05 au 15/05, le cours de l’échéance juillet à Chicago a perdu 6 $/t pour se situer à 180 $/t, touchant ainsi une résistance des derniers mois. Les prix du maïs à Chicago ont subi la reprise des ventes par les fonds non-commerciaux,
renforcée par un rapport de l’USDA confirmant des stocks de maïs confortables aux Etats-Unis tant pour la fin de la campagne en cours que pour 2026/2027. La semaine sera marquée par la consolidation des cours après ce rapport et la
rencontre Trump/Xi Jinping dont il ressort des engagements peu précis sur le plan agricole (17 milliards de $ d’achats supplémentaires). Dans son rapport de mai, par rapport à avril, l’USDA a ajusté en très légère hausse les stocks américains pour la fin de la campagne en cours. Ceux-ci gagnent 390 Kt (54,4 Mt), au-delà des attentes des opérateurs. Dans son 1er bilan pour 2026/27, l’USDA reprend sans surprise son estimation tendancielle de rendement de la fin février et son estimation de surfaces de la fin mars pour aboutir à une production américaine de 406 Mt, en baisse de 17,3 Mt sur un an. Les utilisations fléchiraient légèrement par rapport à 2025/26 mais resteraient à un niveau élevé. De ce fait, les stocks américains sont attendus à 49,7 Mt, en légère baisse mais toujours confortables. Cette situation continue à agir comme un facteur de modération d’une hausse franche des prix bien que le ratio stocks/utilisations au niveau mondial poursuive sa baisse pour atteindre son plus bas niveau depuis 2012/2013 et que le bilan mondial du blé perde en lourdeur lui aussi. Au Brésil, l’USDA se rapproche acteurs locaux en estimant la production en hausse de 3 Mt (135 Mt). Le Centre-Ouest reste sec mais bénéficie de bonnes réserves hydriques tandis que les pluies continuent de soulager le déficit hydrique sur le Centre-Sud. La CONAB ajuste cependant à la baisse de 660 Kt la production de maïs safrinha (108,5 Mt). En Argentine, l’USDA confirme les estimations locales et augmente sa prévision de production de 7 Mt (59 Mt). Les producteurs s’inquiètent d’un risque de gel alors qu’un tiers des maïs tardifs restent en phase de remplissage du grain.
EUROPE : Vers une hausse des taux de la BCE ?
Face à l’inflation, la Fed pourrait augmenter prochainement ses taux ce qui renforce le dollar au détriment de l’euro, un mouvement bénéfique pour le prix des céréales européennes. Le répit pourrait être de courte durée, la BCE ayant laissé entendre qu’elle procéderait également à une hausse de taux en juin Dans ses bilans pour 2026/27, l’USDA voit la production européenne en légère hausse de 700 Kt sur un an (57,5 Mt) de même que les importations, vues en hausse de 1 Mt (19,5 Mt). La production ukrainienne est au contraire vue en léger repli de 900 Kt sur un an (30Mt), une prévision moins optimiste que cell de l’UGA. L’organisation ukrainienne projette la production 2026 à 32,6 Mt, malgré les semis tardifs. L’arrivée des pluies sur le pourtour de la Mer Noire devrait apporter une eau bienvenue mais contribuera à ralentir les chantiers de semis. Des températures plus poussantes sont également attendues dans l’ensemble de l’Europe.
FRANCE : Stocks stables
La semaine passée, malgré la dynamique outre-Atlantique, l’échéance novembre 2026 en nouvelle récolte gagnait 1,25 €/t pour se situer à 210,5 €/t. Les prix physiques pour la récolte 2025 étaient quant à eux en baisse. Dans son bilan de mai, pour la campagne en cours, FranceAgriMer laisse les stocks quasiment stables à 2,37 Mt. La hausse des exportations compense la baisse de la demande en France, notamment en alimentation animale.