Les premiers résultats remontant des Centres de gestion et les projections effectuées à partir
des données du RICA pour 2007 indiquent qu’en 2009, le résultat courant avant impôt et
cotisations sociales des exploitants spécialisés en céréales et oléoprotéagineux baissera de
plus de 80%. Pour une exploitation de taille correspondant à la moyenne de ce secteur, soit
115 hectares, il s’élèvera au mieux àe 5 000 €, ce qui obligera à vivre sur les amortissements.
Dans ce contexte, les mesures annoncées ce jour par le Président de la République à la suite
de la forte mobilisation du 16 octobre ne pourront avoir qu’un effet éphémère et seront
seulement de nature à retarder des échéances très graves pour de nombreux exploitants.
Cet effet sera d’autant plus éphémère que, sauf retournement improbable des marchés, la
situation des producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux ne pourra qu’empirer en 2010.
Les mesures qui leur sont depuis peu imposées à la suite du Grenelle de l’Environnement leur
coûtent beaucoup, le prix des exigences de la société étant quasi-totalement mis à leur charge.
Et surtout, il doit leur être prélevé 70 €/ha sur leurs paiements directs à partir de 2010, au titre
des mesures décidées en France pour l’application du Bilan de Santé de la PAC. Il est évident
qu’il est impossible de procéder à ces prélèvements.
Le Gouvernement doit assumer cette impossibilité en trouvant d’autres moyens de respecter
ses engagements vis-à-vis de certains secteurs de l’élevage. ORAMA l’avait mis en garde
quand il avait justifié ces décisions de prélèvement en arguant que les prix des céréales et des
oléoprotéagineux seraient durablement élevés. Les producteurs du secteur des grandes
cultures exigent que la situation des marchés soit véritablement prise en compte dans le cadre
d’un Comité de suivi, comme s’y était engagé le Président de la République après les
manifestations du mois de mars dernier.
Contact : Pascal HURBAULT – 01 44 31 16 25